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Le Shogi

shogi, les échecs japonais

将棋

 

Le Japon est un pays de clichés, où se mêlent tradition et modernité. Voici l'étendard de cette dualité : le Shogi.

 

Pratiqué par 10 à 15 millions de japonais, le Shogi fait partie de la très grande famille des jeux d'échecs. Apparu au Japon aux alentours du VIIIème siècle après JC et dérivant sans doute du Xiang-Qi chinois, il a connu de nombreuses variantes au cours du temps, pour trouver sa version définitive au XVIème siècle.

Il est aujourd'hui l'un des jeux emblématiques du Japon et il suffit d'apprécier certains éléments pour en comprendre l'importance.

 

L'immeuble de la puissante fédération japonaise de Shogi (Nihon Shogi Renmei) à Tokyo est un monument dédié au jeu : plusieurs étages affectés à l'initiation, aux entraînements et aux compétitions. Même la station de métro la plus proche (Sendagaya) possède certains emblèmes du jeu sur son mobilier.

Les retransmissions télévisées hebdomadaires sur la première chaîne japonaise (la NHK) et les matchs commentés sur Internet sont très prisés, tout comme le magazine fédéral dont l'épaisseur ferait rougir d'envie toute fédération ludique mondiale.

Les joueurs sont classés suivant un système de « dan », comme au jeu de go (du 15e kyu, débutant, au 1er kyu, puis du 1er dan au 9ème dan) et près de 180 d'entre eux sont actuellement professionnels.

Le tournoi le plus prestigieux est le Meijin. Sa 66ème édition se déroulera du 8 avril au 27 juin (seulement 7 parties prévues) entre Moriuchi Toshiyuki, 5 fois Meijin et tenant du titre, et Y.Habu, autre star et très grand joueur de Shogi.

 

A noter que l'histoire du Shogi a connu de nombreuses variations parfois surprenantes : du Chu-Shogi, se pratiquant sur un plateau de 12 x 12 cases avec 92 pièces, jusqu'au Taï-Shogi au plateau de 25 x 25 cases et 354 pièces dont la longueur des parties est terriblement grande, avec des centaines de coups.

Ces différents jeux restent d'ailleurs encore pratiqués à travers le monde (surtout en ce qui concerne le Chu Shogi).

 

Matériel de jeu

Le Shogi se joue sur un plateau unicolore de 9 cases sur 9, avec 20 pièces par joueur. Le but du jeu est de mater le roi adverse.

La première difficulté pour un joueur occidental est de se familiariser avec les idéogrammes utilisés, car les pièces du Shogi sont plates, en pointe, avec un kanji écrit en encre noire identifiant le type de la pièce.

Les pièces des deux camps sont les mêmes (même couleur, même forme) et seule la direction vers laquelle elles pointent indique leur appartenance. Une exception cependant : les rois des deux camps diffèrent légèrement.

 

Il faut veiller à la prise en main très particulière des pièces de Shogi par les joueurs, en sandwich entre deux doigts, l'un en dessous et l'autre au dessus.

 

Les différentes pièces utilisées sont au nombre de neuf :
pieces de shogi 

Seules trois pièces possèdent des déplacements similaires au jeu d'échecs occidental : le roi  (osho, dont le kanji simplifié est « 王 »), le fou (kaku, 触#39;) et la tour (kyosha, 飛).

 

Par rapport aux échecs, le Shogi propose trois nouvelles pièces : le général d'or (kinsho, 釦#39;), le général d'argent (ginsho, 銀) et le lancier 香.

Trois pièces ne peuvent reculer : le lancier, le pion (fuhyo, 歩) et le cavalier (keima, 桂).

A noter que le pion ne prend que dans le sens de son mouvement (et non en diagonale comme aux échecs).

 

shogi 





Position des pièces en début de partie.

 

 

 

 

 

 

 

 

shogi 
Déplacement des pièces

Dans le dessin ci-contre, les flèches simples indiquent que la pièce peut se déplacer d'une case dans la direction indiquée.
Les flèches en pointillé indiquent que la pièce peut se déplacer d'autant de cases voulues dans la direction indiquée.

 

Promotion

Une caractéristique de ce jeu est le système de promotion, qui touche toutes les pièces à l'exception du roi et du général d'or.

Toute autre pièce pénétrant dans le camp adverse (les trois lignes les plus éloignées des joueurs) peut être promue en général d'or. Seuls la tour et le fou, quand ils sont promus, gardent leur déplacement, auquel on ajoute les déplacements du roi.

Une pièce promue est retournée, et un kanji spécifique indique alors sa qualité de pièce promue.

 

La promotion peut être effective immédiatement (si le joueur le désire) dès que la pièce entre en zone de promotion ou retardée, lors d'un déplacement de cette pièce dans la zone de promotion.

Seules promotions obligatoires : lorsqu'un pion ou un lancier arrive en dernière rangée, ou qu'un cavalier arrive en dernière ou avant dernière rangée.

 

Parachutage

La très grande originalité du Shogi réside dans la capacité accordée aux joueurs de pouvoir réutiliser à leurs fins les pièces adverses capturées. Chaque pièce prise à l'adversaire change de camp et peut en effet être « parachutée » sur une case vide du plateau de jeu.

Le parachutage compte pour un coup et possède certaines contraintes :

- une pièce ne peut être parachutée et promue en même temps;
- une pièce ne peut pas être parachutée sur une case d'où elle ne peut partir (par exemple, un pion sur la dernière rangée);
- un pion ne peut pas être parachuté sur une colonne possédant déjà un pion non promu du même camp;
- un pion ne peut pas être parachuté en matant directement le roi adverse.

 

shogiDes traditions

Le Shogi fait partie entièrement de la culture japonaise. Les grands tournois sont organisés selon un rythme et un apparat très traditionnel (position des joueurs, matériel, temps accordé aux joueurs pour une partie...).

Pour déterminer qui doit commencer à jouer, on pratique le furigoma : le joueur le plus haut gradé lance trois ou cinq pièces du jeu. Si une majorité présente leur face "non promue", le lanceur commence.

De même, il est respectueux de laisser le roi au joueur plus haut gradé, voire au joueur plus âgé ; l'adversaire prend alors le général de jade.

 

Une réelle complexité

Jeu offensif (par le parachutage et par le lancer, le pion et le cavalier qui ne peuvent reculer), le Shogi offre une immense richesse tactique.

 

Loin d'être un jeu où les parties tendent à se simplifier comme pour les échecs occidentaux (par la perte successive des pièces), le Shogi a un nombre constant de pièces en jeu, puisque les pièces prises peuvent être à tout moment réutilisées.

Le nombre important de pièces, leur diversité, leur promotion et les menaces constantes de parachutage font du Shogi un des jeux les plus subtils au monde, dont la profondeur surprend encore bon nombre de joueurs d'échecs « classiques ».

 

La longueur du plateau de jeu ainsi que des pièces moins puissantes qu'aux échecs occidentaux (il n'y a pas de dame) proposent un développement de partie plus lent et plus mesuré. Dans cette phase d'ouverture, l'une des préoccupations sera en effet de créer une défense forte autour du roi, afin de prévenir tout parachutage ultérieur.

 

A noter que la partie nulle est rare (moins de 2% des parties).

Dernière particularité, le Shogi a intégré un système de handicap afin que deux joueurs de force différente puissent cependant s'affronter.

 

En France

Le Shogi est pratiqué depuis plusieurs dizaines d'années dans notre pays, sous l'impulsion de quelques clubs dynamiques et de joueurs de niveaux européens.

Je ne peux que vous inviter à visiter le très intéressant site de l'Association Française de Shogi, http://www.shogi.fr/, où vous pourrez trouver conseils, problèmes, ainsi qu'un forum très actif.

Article écrit par Jean-Manuel Mascort, paru dans la revue "Jeux sur un plateau".