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Règle Backgammon

 

Le backgammon, de l'antiquité au casino

 

Aboutissement d'une longue transformation de jeux, le backgammon nous donne l'occasion de faire un magnifique saut dans l'histoire des civilisations.

Il y a plusieurs millénaires, si les égyptiens et les mésopotamiens ont été les précurseurs des jeux de parcours (avec le Senet, le jeu royal d'Ur, les 20 cases...), c'est en méditerranée lors de la domination romaine que ces jeux se transformèrent pour prendre peu à peu leur forme actuelle, à savoir un parcours de 24 stations, représenté par des flèches.

Au moyen âge, ces jeux de table prirent un essor important en Europe, avec l'apparition de multiples variantes, notamment celles à 4 ou 6 voire 7 joueurs sur des plateaux de jeu circulaires.

L'église tenta à plusieurs reprises de faire interdire ces jeux de tables (au même titre d'ailleurs que d'autres jeux de dés ou d'adresse comme les jeux de lancers, de quilles,..), considérés comme des jeux de hasard, de paris et donc d'argent.

En France, c'est au 16ème siècle, sous le nom de Tric-Trac, puis de Jacquet au 19ème siècle, que ce jeu fut beaucoup pratiqué. Peu à peu tombé en désuétude, il faut attendre l'invention d'un accessoire supplémentaire pour redonner une nouvelle vie au backgammon.

 

videau Une renaissance : le videau

 

Apparu dans les années vingt aux Etats-Unis, le videau (parfois appelé dé doubleur) est un dé particulier permettant de fixer un enjeu à la partie. Ses faces sont marquées par les nombres 2, 4, 8, 16, 32 et 64.

Au début du jeu, le videau est placé au centre du jeu.

Si au cours de la partie, un des joueurs estime avoir une position favorable ou gagnante, il peut proposer à son adversaire, et avant son lancer de dés, de doubler l'enjeu de la partie.

Son adversaire a alors 2 possibilités : accepter le double ou le refuser et perdre immédiatement la partie, son adversaire empochant l'enjeu actuel de la partie (un point s'il s'agit de la première proposition de double dans un jeu sans argent).

Le joueur ayant accepter le double est maintenant le seul à pouvoir réutiliser le videau dans la partie pour à nouveau doubler l'enjeu de la partie (le videau sera alors à 4).

Le videau a tout de suite redonné un élan au jeu, permettant une pratique plus dynamique en décuplant le facteur de prise de risque et en permettant d'abréger les parties dont le vainqueur était clairement déjà dessiné.

Le backgammon a alors gagné les classes aisées, devenant véritablement un jeu d'argent, puis un jeu de compétition, souvent invité dans les salles de casino.

 

Règles backgammon 

Le backgammon est un jeu de course dans lequel 2 joueurs tentent de sortir leurs 15 pions avant ceux de l'adversaire. Le plateau de jeu comprend 24 flèches groupées en 4 compartiments (appelés des « jans »).
Chaque joueur a devant lui 2 jans (intérieur et extérieur). Les pions se déplacent de flèche en flèche, dans le sens des aiguilles d'une montre pour les blancs et dans le sens inverse pour les noirs, selon le lancer de 2 dés.
Les pions des joueurs vont donc se croiser dans leurs déplacements.
La position initiale est représentée ci-contre, avec le sens de déplacement pour chaque joueur.

Pour faciliter les explications et la notation des parties, les flèches sont numérotées de droite à gauche, le coté du joueur noir marqué N et celui du joueur blanc B (on peut aussi numéroter les flèches de 1 à 24).

Chaque joueur jette un dé, le plus grand résultat débute.

Blanc circule de N1 vers B1 et Noir de B1 vers N1.

Chaque joueur va, dans un premier temps, tenter de ramener tous ses pions dans son jan intérieur (numéroté de 1 à 6), pour ensuite les faire sortir du plateau du jeu.

Au début de la partie, chaque joueur lance un dé. Celui obtenant le résultat le plus élevé commence avec les deux chiffres qui viennent d'être lancés. En cas de double lors du premier jet, les joueurs relancent chacun un dé.

backgammon 
A partir du deuxième coup, le joueur dont c'est le tour jette 2 dés. Chaque dé indique de combien de flèches un pion peut avancer. Il est possible de faire avancer deux pions ou un même pion avec les 2 dès.

Exemple d'un tirage de 2 et 4 du joueur blanc.

Un double se joue deux fois (par exemple, avec un double 3, vous avez 4 mouvements de 3 cases à effectuer).


On ne peut déplacer un pion sur une flèche où se trouve au moins 2 pions adverses. Il peut donc arriver parfois que vous ne puissiez pas jouer tous vos déplacements.

Si un pion arrive sur une flèche où se trouve un seul pion adverse, celui-ci est « frappé » et placé sur la ligne centrale du plateau.

Le joueur ayant eu le pion frappé doit alors obligatoirement commencer ses déplacements en faisant rentrer ses pions par le début de son parcours, c'est-à-dire dans le jan intérieur de son adversaire. 

 
backgammon 
Sur l'exemple ci-contre, avec un jet de dé de 1 et 5, le joueur noir peut avancer un pion de la flèche B1 et frapper le pion isolé en B7, mais en jouant les dés dans l'ordre 1-5 et non 5-1, la flèche B6 étant occupée.

Si des pions adverses bloquent les flèches où le pion pourrait rentrer, le joueur ne peut pas jouer et passe son tour.

Il est donc interdit pour un joueur de déplacer des pions tant qu'il en existe à faire rentrer.


On ne peut commencer à sortir ses pions que s'ils sont tous présent dans le dernier quart du plateau (N1 à N6 pour noir et B1 à B6 pour blanc).


backgammon 
Pour sortir un pion, il faut faire au dé un déplacement qui amène le pion hors du plateau.
Par exemple, sur le diagramme ci-contre, le joueur blanc, ayant tous ses pions dans son jan intérieur, peut sortir ses pions. Avec un résultat de 3 et 5, il sortira un pion de la flèche 3 et avancera un pion de la flèche 6 vers la flèche 1 (n'ayant pas de pion sur la flèche 5).

Au backgammon, il est interdit de passer, c'est-à-dire que si un mouvement est possible on doit l'effectuer. On doit s'efforcer de jouer l'ensemble des deux dés. Si le premier mouvement conduit à une impasse pour le second dé, alors qu'en jouant autrement on pouvait jouer les 2 dés, le mouvement est interdit.

Si, sur un lancer, un joueur peut jouer l'un ou l'autre dé mais pas les deux, il doit jouer le dé dont la valeur est la plus élevée.

Si un joueur parvient à sortir tous ses pions avant que son adversaire en sorte un seul, il fait « gammon » et les points du videau sont alors multipliés par 2. Si de plus l'adversaire a encore des pions dans le jan intérieur du vainqueur, il y a «backgammon » et les points du videau sont alors multipliés par 3.

 

Eléments de stratégie

 

Jeu de course, le backgammon est un délicat dosage entre la prise de risque et la prudence.

La double préoccupation de faire avancer au plus vite ses pions, tout en gênant la progression de ceux de l'adversaire, apporte au jeu cette richesse d'attitudes et de techniques, permettant au joueur intrépide, tout autant qu'au joueur prudent ou au calculateur, de s'exprimer et d'y prendre du plaisir.

 

Evidemment les prises de risque doivent être mesurées et la connaissance des probabilités de sortie des différentes valeurs des 2 dés reste une base fondamentale.

 

Un prochain article nous permettra d'aborder les différentes techniques de jeu et les principes de base pour mener et jauger une partie.

 

Si le backgammon est devenu jeu de compétition, il n'en reste pas moins un des rares jeux ayant pu s'immiscer dans des familles peu ludiques. Bénéficiant en outre d'une grande notoriété de par son aïeul le jacquet, le backgammon est un jeu inter générationnel, dont la grande variété de parties, leurs rebondissements et la simplicité des règles lui promettent une belle longévité.

Article écrit par Jean-Manuel Mascort, paru dans la revue "Jeux sur un plateau".