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Jeux de dunes, jeux du Sahara

 

L’aridité de certaines régions du monde n’entrave pas, au contraire, la création et la diffusion de jeux traditionnels.
Au milieu des dunes et des paysages de pierre, les hommes n’ont eu souvent que la terre et le sable comme plateau de jeu ; les pierres, les cailloux, les bouts de bois ou les crottes d’animaux séchées offrant les pions.
 
Subissant à la fois les influences arabes et d’Afrique noire, les peuples de ces régions désertiques pratiquent des jeux dont on reconnaîtra pour certains aisément l’influence, mais dont la transformation est quelquefois surprenante.
 
Accompagnant une société encore aux tâches ou aux activités « sexuées », certains jeux sont plutôt réservés aux hommes, d’autres aux femmes (et ce n’est pas les moins intéressants), d’autres aux enfants.
Mais avec une constante : des trous dans le sable pour formaliser le plateau ou le parcours de jeu et généralement des brindilles et des crottes d’animaux séchées pour les pions des adversaires.
 
Le Dara

Le Dara est analogue à nos jeux de marelles, mais pratiqué sur un damier de 6 cases sur 5. Ce jeu est en fait le frère jumeau du wali burkinabé, sénégalais ou malien.
Joué à deux, le but est de capturer tous les pions adverses. Chaque joueur possède 12 pions.
Au début du jeu, le plateau est vide.
Chacun à son tour, les joueurs posent une de leur pièce sur une case vide du plateau de jeu, jusqu’à ce que la totalité des pièces sont placées.
Lors de la pose d’une pièce, il est interdit de créer un alignement de 3 de ses pièces (verticalement ou horizontalement).
Une fois toutes les pièces posées, chaque joueur, à tour de rôle, peut déplacer une de ses pièces vers une case libre contiguë, verticalement ou horizontalement.
Dès qu’un alignement de 3 pièces est réalisé (verticalement ou horizontalement), le joueur peut capturer une pièce de son adversaire, sur n’importe quelle case du damier. La pièce ainsi capturée est alors retirée définitivement du jeu.
 
Jeu de semailles
Quoi de moins surprenant que de croiser un jeu de semailles sur ce continent. Et les touaregs ne dérogent pas à cette règle avec l’izgag ou azgag.
Deux rangées parallèles de 3 ou 4 trous chacune sont creusées dans le sable. Chaque trou est rempli par six crottes de chameau (ou 6 fruits séchés, 6 cailloux…).
Chacun à leur tour, les joueurs prennent toutes les graines d’un trou situé devant eux et les distribuent une par une (comme à l’awalé) dans le sens qu’ils ont choisi au début du jeu.
A noter que contrairement à la majorité des jeux de semailles, les deux joueurs vont semer leurs graines dans un sens opposé (si l’un sème dans le sens des aiguilles d’une montre, l’autre le fera en sens inverse).
Si la distribution se termine dans un trou possédant un nombre pair de crottes (en comptant la dernière semée), celles-ci sont capturées par le joueur. Dans ce cas, il fait de même avec l’avant dernier trou si celui-ci contient aussi un nombre pair de crottes.
La partie prend fin quand toutes les graines ont été capturées par les joueurs.
Les deux joueurs recommencent alors une nouvelle partie en redistribuant dans leurs 4 trous, les graines qu’ils ont capturées à la précédente partie. Pour le joueur ayant capturé plus de 24 graines, il garde alors en réserve le surplus ; l’autre joueur ne remplissant ses trous qu’à concurrence du nombre de ses graines (par exemple les 3 premiers trous à 6 graines, s’il n’en avait capturé que 18 à la première partie).
Un joueur perd quand il n’a plus de graines dans sa réserve à la fin d’une partie.
 
Le jeu du désert
Mais le jeu emblématique et le plus connu du désert est le Dama (ou Dhamet, Srand … selon les régions). Essentiellement pratiqué par les hommes, il dérive du jeu arabe l’Alquerque, décrit dans le livre des jeux du roi castillan Alphonse X au 13ème siècle après JC.
Pratiqué dans de nombreux pays, il se joue généralement sur un plateau de jeu de 9 x 9 cases (ou points), mais on peut aussi croiser des parties de dama sur des plateaux plus petits.

 
Chaque joueur possède 40 pions, positionnés au début de la partie comme ci-contre.
Le plus souvent, un joueur joue avec brindilles plantées dans le sable, l’autre joueur avec des crottes ou des cailloux.
Les pions ne peuvent qu’avancer d’un point vers un autre, le long des lignes (tout droit ou en diagonale). La prise se fait par saut, comme aux dames. Dans ce cas, lors de prise multiple, le pion peut alors prendre dans toutes les directions.
Ce jeu sera sans doute celui que vous pourrez croiser le plus facilement, si vous vous aventurez en Mauritanie.
 




 
Le Sig
Le Sig est un jeu beaucoup plus surprenant. Le plateau de jeu épouse en effet les reliefs habituels du désert. Pour y jouer, il est nécessaire de construire une petite colline allongée de sable d’une dizaine de centimètres de hauteur et longue de 1 à 2 mètres.
Le Sig paraît plus féminin que masculin, pratiqué lorsque les femmes se réunissent au cours de l’après-midi. Cependant, il ne sera pas rare de croiser une partie de sig joué par des hommes.
Les joueuses sont séparées en deux équipes, qui vont déplacer leurs pions le long d’un trajet situé en haut de la colline, selon le résultat du lancer de bâtonnets très colorés de 20 à 40 cm de longueur, les « sigat ».
Là encore, on peut trouver plusieurs variantes du jeu, le but étant généralement de capturer les pions adverses en se mettant dans un des trous occupé par l’adversaire en haut de cette colline.
 
La spirale de la hyène
Autre jeu touareg, aux accents d’Afrique de l’Est : l’Ishighan (qui peut être traduit par « baguettes »).
Un parcours de trous en spirale est tracé sur le sable, similaire à un autre jeu connu sous le nom de « jeu de la hyène ».
Le nombre de trous composant le parcours peut varier fortement.
Les joueurs devront faire parcourir leur pion le plus rapidement possible de l’extérieur de la spirale vers le centre.
Les pions se déplacent selon le lancer de quatre morceaux de bois biface :
-         si les 4 morceaux tombent sur leur côté plat (position du « chameau »), on déplace son pion entre 6 et plusieurs dizaines de trous (selon les variantes)
-         si les 4 morceaux tombent sur leur côté bombé (position de la « vache »), c’est de 4 à 40 trous,
-         si trois bâtonnets tombent sur leur côté plat (« cheval »), de 3 à 9 trous,
-         si un seul bâtonnet tombe sur son côté plat (« chèvre »), de 1 à 5 trous
Pour ces quatre lancers, le joueur rejoue.
Si deux morceaux de bois tombent sur leur côté plat et deux sur leur face bombée, le joueur ne peut avancer son pion et passe son tour.
 
Le premier joueur arrivant au centre de la spirale gagne, mais continue de jouer par l’intermédiaire d’un nouveau pion, une hyène, entrant en jeu depuis l’extérieur (contrairement à d’autres jeux de la même famille, par le centre).
Ce nouveau pion tentera d’aller rattraper les pions d’autres joueurs afin de les ramener en arrière (et donc de pénaliser).
De nombreuses versions existent de ce jeu, notamment dans le sens et la vitesse de déplacement de la hyène. Quoiqu’il en soit, il s’agit toujours d’un jeu très imagé, où les pions représentent parfois des animaux, des hommes, des enfants…
 
D’autres jeux sont aussi pratiqués : les dominos, les osselets et bien sûr les jeux de cartes, avec notamment le Meriass. Les couleurs sont remplacées par le nom de quatre tribus Albik, Alkor, Alkaro et Attrifal.
 
Les jeux sahraouis et d’autres populations désertiques possèdent la simplicité de leur matériel, mais la richesse de leurs influences, et cet article vous fera peut-être regarder différemment ces alignements de trous et de lignes que vous pourrez parfois croiser lors de vos futurs treks…